NATURE ET FONCTION

Nature et fonction des mots. La nature et la fonction grammaticale sont essentielles à comprendre et à maîtriser pour analyser la phrase simple comme la phrase complexe. Dans la fiche ci-dessous, nous reprenons simplement les natures et fonctions grammaticales dans la phrase simple. Ainsi, une fois ce niveau d’analyse grammaticale maîtrisé, vous pourrez effectuer l’analyse des natures et fonctions dans la phrase complexe.

NATURE ET FONCTION

1. NATURE ET FONCTION : QUELLES SONT LES DIFFERENCES?

A. La nature

Chaque mot a une nature. Cette nature est fixe. Prenons une image pour bien comprendre. Un mot, comme une personne a une nature, c’est-à-dire une identité. Quelle que soit la situation, celle-ci reste fixe, reste la même. En effet, qu’une personne soit au travail, à la maison, dans son groupe de sport ou autre, elle conserve le même prénom, la même date de naissance… De la même manière, quelle que soit la phrase dans laquelle il apparaît, un mot conserve la même identité, la même nature. Vérifions cela avec quelques exemples très simples. Intéressons-nous à la nature du mot « maison ». C’est un NOM COMMUN.

  1. La maison est adossée à la colline. (« Maison » est un nom commun avec pour fonction grammaticale sujet du verbe « adosser »)
  2. Il achète une maison pour ses vieux jours. (Ici, « Maison » est un nom commun avec pour fonction grammaticale COD du verbe « acheter »)
  3. A la maison, Paul et Clara attendent le début de leur feuilleton préféré. (« Maison » est un nom commun avec pour fonction grammaticale CCL)

Nous pourrions multiplier ainsi les phrases et donc les situations dans lesquelles le mot est employé.

A retenir: Quelle que soit la phrase, un mot conserve la même nature grammaticale.

B. La fonction

Le mot peut avoir un grand nombre de fonctions différentes. Effectivement, la fonction dépend du rôle que va jouer le mot dans la phrase. Prenons une image là encore avec l’être humain. Chacune et chacun d’entre nous aucune un grand nombre de fonctions différentes selon le contexte dans lequel il se trouve à tel ou tel moment. A l’école, nous sommes élèves, au travail, notre fonction est celle d’employé, en cours de musique, nous sommes membres du groupe de rock… Vérifions cela avec les exemples très simples utilisés au-dessus. Intéressons-nous à la fonction du mot « maison » selon la phrase dans laquelle il est employé.

  1. La maison est adossée à la colline. (« Maison » est un nom commun avec pour fonction grammaticale sujet du verbe « adosser ») Nous pouvons déterminer que « maison » est sujet de la phrase car il répond à la question: « QUI EST-CE QUI? »
  2. Il achète une maison pour ses vieux jours. (Ici, « Maison » est un nom commun avec pour fonction grammaticale COD du verbe « acheter ») Nous pouvons déterminer que « maison » est sujet de la phrase car il répond à la question: « QUOI? »
  3. A la maison, Paul et Clara attendent le début de leur feuilleton préféré. (« Maison » est un nom commun avec pour fonction grammaticale CCL) Nous pouvons déterminer que « maison » est sujet de la phrase car il répond à la question:  » Où? »

A retenir: La fonction grammaticale varie selon la fonction que joue le mot dans la construction grammaticale (= la SYNTAXE) de la phrase.

2. LES NATURES GRAMMATICALES

LE DETERMINANT

  • Le déterminant indéfini: UN/UNE/DES

Exemple: Une tempête est en train de se former au large de l’océan.

  • Le déterminant défini: LE/LA/LES/L’

Exemple: Le chien attend sa gamelle pour se rassasier.

  • Le déterminant possessif: MON/MA/MES

Exemple: Mon parapluie a été brisé par la rafale de vent.

  • Le déterminant démonstratif: CE/CETTE/CES

Exemple: Ce plat est délicieux!

LE NOM

  • Le nom propre: on reconnaît facilement le nom propre. Il commence par une majuscule.

Exemple: Pierre regarde son téléphone en traversant.

  • Le nom commun: on le distingue simplement en regardant devant lui. Effectivement, un déterminant le précède.

Exemple: La pluie ne cesse de tomber. (En effet, le nom commun « pluie » est précédé par le déterminant « la »).

L’ADJECTIF QUALIFICATIF

  • L’adjectif qualificatif apporte des informations sur un nom. Il le qualifie.

Exemple: La gigantesque demeure se trouvait face à eux.

  • L’adjectif peut être supprimé. La phrase conserve alors son sens mais des précisions sont perdues.

Exemple: La demeure se trouvait face à eux.

LE VERBE

Il est très important dans la phrase, il est un pivot de la phrase car il indique l’action.

Exemple: Le joueur s’écarte du groupe.

L’ADVERBE

  • L’adverbe joue le même rôle envers le verbe que l’adjectif qualificatif avec le nom. Autrement dit, l’adverbe apporte des informations sur l’action portée par le verbe.

Exemple: L’infirmière attend patiemment que le malade fasse un pas dans sa direction.

  • Comme l’adjectif, l’adverbe peut être supprimé. La phrase demeure correcte mais des informations sont perdues.

Exemple: L’infirmière attend que le malade fasse un pas dans sa direction.

3. LES FONCTIONS GRAMMATICALES

NATURE ET FONCTION DES MOTS: LES FONCTIONS AU NIVEAU DU GROUPE NOMINAL

  • Le sujet est une fonction essentielle dans la phrase. On le repère en posant la question QUI EST-CE QUI? au verbe.

Exemple: Le chat dort sur la fenêtre. (« Qui est-ce qui dort? » Le chat.)

  • Le complément du nom: il est un peu moins facile à identifier. Toutefois, on peut s’attendre à le trouver dès lors que la phrase comporte plusieurs noms dans le groupe nominal.

Exemple: Pierre apporte un cadeau d’anniversaire. (groupe nominal 1: « Pierre » ne comporte qu’un nom, pas de complément possible/ groupe nominal 2: « un cadeau d’anniversaire » compte deux noms. Or, « d’anniversaire » apporte des précisions sur « un cadeau ». Ainsi, « d’anniversaire complète le nom « cadeau »)

NATURE ET FONCTION DES MOTS: LES FONCTIONS AU NIVEAU DU GROUPE VERBAL

  • Le verbe: c’est une particularité. « Verbe » est à la fois une nature et une fonction. On reconnaît le verbe au fait qu’il se conjugue. Ainsi, un verbe peut-être mis au passé composé ou au futur.

Exemple: Il regarde la pluie tomber.

  • Le complément d’objet direct (COD): Le complément d’objet direct est un complément essentiel du verbe, autrement dit, il est nécessaire au verbe. Par ailleurs, on le repère en posant la question: QUI? QUOI?

Exemple: Il rattrape la balle. (Le verbe « rattraper » nécessite d’être complété. On trouve le COD en posant la question « Quoi? » au verbe. Il rattrape quoi? « La balle »)

  • Le complément d’objet indirect (COI) Le complément d’objet indirect est un complément essentiel du verbe, autrement dit, il est nécessaire au verbe. De plus, on le repère en posant la question: à qui? à quoi? de qui? de quoi?

Exemple: Le bébé ressemble à son père. (Le verbe « ressembler » nécessite d’être complété. On trouve le COI en posant la question « A qui? » au verbe. Il ressemble à qui? « à son père »)

  • Le complément d’objet second (COS) Le complément d’objet indirect (COI) Le complément d’objet indirect est un complément essentiel du verbe, autrement dit, il est nécessaire au verbe. En outre, le complément d’objet second repose sur la connaissance du COD et du COI. En effet, le COS n’est qu’un complément d’objet placé après un autre complément d’objet.

Ex: Il donne une pomme à son petit-frère. (On note d’abord la présence d’un COD: « une pomme ». Il donne quoi? « Une pomme ». Mais ce qui est intéressant, c’est la présence d’un autre complément d’objet après ce COD. « Il donne une pomme à qui? » « A son petit-frère ». On ne parle pas de COI mais de COS car ce complément se trouve après un COD)

  • Le complément d’agent. D’abord, on ne le repère que dans le cadre d’une phrase exprimée à la voix ou forme passive. Il permet d’introduire celui qui fait l’action. Il est souvent introduit par « PAR ».

Exemple: La souris est mangée par le chat. (On constate que la phrase est à la forme passive, le sujet subit effectivement l’action. Le complément d’agent permet, dans ce contexte, de préciser qui fait l’action de manger.)

NATURE ET FONCTION DES MOTS: LES FONCTIONS AU NIVEAU DU PHRASE

Des compléments de phrase

  • Quelques informations générales sur les compléments circonstanciels. Ils peuvent être déplacés car ils ne complètent pas un mot (comme l’adjectif ou l’adverbe par exemple) mais ils complètent la phrase dans sa totalité. Effectivement, contrairement aux COD et COI par exemple qui sont des compléments essentiels, les compléments circonstanciels sont facultatifs. D’ailleurs, ils peuvent être supprimés sans que la phrase devienne incorrecte. Bien sûr, des précisions sont perdues.
  • Exemple: En été, la température monte considérablement. (On repère le CCT en posant la question « quand? »)
  • Exemple 2: La température monte considérablement en été. (Je m’assure que c’est bien un complément circonstanciel car je peux le déplacer.)
  • Exemple 3: La température monte considérablement. (Là encore, en supprimant le complément circonstanciel, je vérifie que je ne me suis pas trompé. Il peut être supprimé sans rendre la phrase incorrecte du point de vue de sa construction syntaxique).
  • Il existe un grand nombre de types de compléments circonstanciels en fonction de l’information qu’ils apportent à la phrase dans laquelle ils sont utilisés. Toutefois, quelle que soit leur typologie, tous fonctionnent de la même manière.

Les compléments circonstanciels (principaux)

  • Le complément circonstanciel de lieu (CCL): Nous pouvons l’identifier car il répond à la question « Où? » posée à la totalité de la phrase. Ainsi, il apporte une indication de lieu.

Exemple: Les élèves sont dans la cour. (« Les élèves sont où? » « Dans la cour » est donc CCL)

  • Le complément circonstanciel de temps (CCT) Nous pouvons l’identifier car il répond à la question « quand? » posée à la totalité de la phrase. Ainsi, il apporte une indication de temps.

Exemple: A midi, tous les employés quittent l’entreprise pour déjeuner. ( » tous les employés quittent l’entreprise pour déjeuner quand? » « A midi » est donc CCT.)

  • Le complément circonstanciel de manière (CCM) Nous pouvons l’identifier car il répond à la question « comment? » posée à la totalité de la phrase. Ainsi, il apporte une manière. Attention à toute confusion avec le complément circonstanciel de moyen, nous traitons cette question juste après.)

Exemple: Les étudiants travaillent avec une grande rigueur. (« Les étudiants travaillent comment? Avec une grande rigueur ». Nous voyons que « avec une grande rigueur » apporte une indication sur la manière dont l’action est effectuée.)

  • Le complément circonstanciel de moyen. Comme le complément circonstanciel de manière, on le repère en posant la question « comment? » Mais cette fois, l’action indique un moyen.

Exemple: A vélo, les personnes se rendent au travail. ( » les personnes se rendent au travail, comment? A vélo ». Il s’agit bien ici d’un moyen de déplacement mis en évidence par le complément circonstanciel.)

  • Le complément circonstanciel de but (CCB): Il met en relief le but de l’action exprimée par la phrase. On peut le repérer en posant la question: « pour quoi? »

Exemple: L’enfant travaille dur pour atteindre ses objectifs. (« L’enfant travaille dur pour quoi? Pour atteindre ses objectifs ». Nous pouvons le constater, le complément circonstanciel exprime un but, un objectif.)

A retenir: il ne faut pas confondre le complément circonstanciel de BUT repéré en posant la question POUR QUOI? et le complément circonstanciel de cause repéré en posant la question POURQUOI?

  • Le complément circonstanciel de cause (CCC): Comme son nom l’indique, ce complément circonstanciel met en valeur la cause de l’action exprimée par la phrase entière. D’ailleurs, le CCC peut être repéré en posant la question « pourquoi? »

Exemple: Le climat change à cause de la pollution. (« le climat change pourquoi? A cause de la pollution. Ainsi, la cause de ce changement climatique est exprimée par le CCC.)

  • Le complément circonstanciel de conséquence: Ce complément circonstanciel exprime la conséquence de l’action exprimée par la phrase. Nous pouvons employer la question « avec quelle conséquence? » pour trouver le complément circonstanciel de conséquence.

Exemple: Il s’inquiète à se rendre malade. (Il s’inquiète avec quelle conséquence? Se rendre malade.)

A retenir: il ne faut pas confondre le complément circonstanciel de CAUSE et le complément circonstanciel de CONSEQUENCE. d’un point de vue logique, les deux expriment l’opposé. Pour cela, il faut vérifier si l’on met en évidence l’ORIGINE d’une chaîne logique ou bien sa FINALITE.

  • Le complément circonstanciel de comparaison: La phrase repose sur une analogie dont l’un des éléments exprimés par le complément circonstanciel.

Exemple: Ce garçon parle plus fort que son voisin. (Nous voyons bien que la phrase repose sur une comparaison entre le sujet (« ce garçon ») et « son voisin » exprimé par le complément circonstanciel de comparaison)

NATURE ET FONCTION . Nous espérons que cette fiche a pu t’aider à comprendre ou clarifier la différence entre la nature et la fonction grammaticale. N’hésite pas à poser tes questions dans les commentaires et à partager ce cours s’il te paraît utile.

Pour aller plus loin sur la NATURE ET FONCTION DES MOTS

Fiche sur la phrase simple et la phrase complexe

La phrase négative

Les conjonctions de subordination

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