Baudelaire Les Fleurs du mal

Baudelaire Les Fleurs du mal. C’est un recueil de poèmes publié par Charles Baudelaire, dans sa première édition en 1857, la même année que Mme Bovary de Gustave Flaubert, qui connaîtra également un procès. Or certains textes vont susciter, en raison du thème abordé, une vive polémique. Puis, la censure et le procès vont pousser le poète à proposer une deuxième édition de l’œuvre en 1861. Enfin, une dernière édition paraîtra de manière posthume en 1868. Nous vous proposons de voir dans cette fiche récapitulative la publication et le procès des Fleurs du mal. Ensuite nous verrons quelle analyse faire de ce recueil poétique.

I) Baudelaire Les Fleurs du mal: publication

A/Avant la parution du recueil

  • 25 mai 1845 : D’abord, paraît dans L’Artiste, le poème intitulé « A une dame créole ».
  • Puis, le 9 avril 1851 paraissent 11 poèmes dans Le Messager de l’Assemblée. Cette section poétique est intitulée « Les Limbes ».
  • Le 1er juin 1855 est publiée, dans La Revue des deux mondes, une section poétique intitulée « Les Fleurs du mal ». Elle se compose de 18 poèmes. Pour Baudelaire, ce titre « dit tout ». D’ailleurs dans une lettre à sa mère, le poète ajoute qu’il se propose « d’extraire la beauté du mal ».

B/Le recueil

1857

  • Ensuite, le 25 juin 1857 paraît un recueil de 100 poèmes intitulé Les Fleurs du mal. L’éditeur tire le livre à 1100 exemplaires, ce qui à l’époque constitue un gros tirage et une prise de risque de la part de l’éditeur.
  • Mais le livre est très mal accueilli par la critique. Le Figaro notamment s’acharne contre le jeune poète. Un rapport est adressé à la censure car il semble aller à l’encontre de la religion et de la morale.
  • Le 17 juillet est effectivement ouverte une information judiciaire contre le poète et ses éditeurs pour offense à la morale religieuse et aux bonnes mœurs. Les exemplaires restants sont alors saisis. Seul le second chef d’accusation est retenu par le tribunal et Baudelaire est condamné à une amende, de même que ses éditeurs.
  • De plus, six poèmes doivent être supprimés : « Les bijoux », « Le Léthé », « A celle qui est trop gaie », « Lesbos », « Femmes  damnées » et « Les métamorphoses du vampire ».

1861

En février 1861, paraît une nouvelle édition des Fleurs du mal. Elle rassemble 126 poèmes. Ainsi, Baudelaire a écrit 32 poèmes supplémentaires et retiré les 6 incriminés. Le recueil compte alors 6 sections : « Spleen et Idéal » (est la section la plus importante avec 85 poèmes), « tableaux parisiens », « Le vin », « Fleurs du mal », « Révolte » et « La mort ». Notons que Baudelaire relate la censure et le procès dans la dernière strophe de “L’albatros”. (voir le commentaire de ce texte ICI.)

1868

En 1868, après la mort de Baudelaire paraît une nouvelle édition qui regroupe tous les textes.

II)Analyse du titre de l’œuvre

D’abord, à l’évidence, le titre repose sur l’oxymore. En effet, la beauté du nom commun « fleurs » contraste avec son complément « du mal ».

Si la « fleur » est une image de la poésie elle renvoie à la beauté et à sa soumission aux contraintes temporelles. (La fleur fane vite) Quant au mot « mal », il fait référence au péché mais aussi à la souffrance. Dès lors, faut-il considérer que la fleur sort et fleurit dans le mal (malgré celui-ci) ? Ou bien, s’épanouit-elle dans le mal ? (c’est le mal qui lui permettrait alors de s’épanouir) Est-ce au fond l’apparence attirante du mal ? Du moins, ce titre montre que l’art ne relève pas de la morale, qu’il en est détaché. Ainsi, selon Baudelaire, la vérité de l’art est celle établie par le poète et non celle de la société ou bien de dieu.

Par ailleurs, chez Baudelaire, la beauté ne se sépare pas de la difformité, ni de l’amour du crime, ni de la douleur.

III)Structure des Fleurs du mal

D’abord, il faut constater que Baudelaire a voulu donner un ordre au recueil. Ainsi, dans une lettre à Alfred de Vigny, poète romantique, il dit que son recueil « a un commencement et une fin ». En effet, la lecture apparaît comme un voyage de la naissance du poète dans « Bénédiction » à sa mort dans le dernier poème de la section « Mort », « le voyage ».

Baudelaire Les Fleurs du mal: plan schématique du recueil :

  • « Au lecteur » apparaît comme le prologue. Il indique que l’homme est pris dans le péché et que Satan triomphe ici bas. Ce poème d’ouverture donne donc une dimension métaphysique au recueil.
  • « Spleen et idéal » sont les deux attitudes vers lesquelles l’homme peut tendre. Les deux tentations sont paradoxales et simultanées. D’une part, le spleen est la tentation du péché, de l’animalité et du mal alors que, d’autre part, l’idéal est la tentation de la spiritualité, du bien et de la morale. Ainsi se pose la question, comment échapper au mal :

1)Par l’art

Or cette voie semble la plus aisée et la plus convaincante pour Baudelaire. (poèmes I à XXI) L’un des poèmes qui le montre le mieux est “Correspondances“. Attention toutefois car dans cette remarque générale pour essayer de comprendre la structure sous-jacente, certains textes échappent à cette généralité. (voir les poèmes 12,14,15 et 16)

2)Par l’amour

 avec les cycles consacrés à ses différentes muses : Jeanne Duval, Mme Sabatier, Marie Daubrun et les autres femmes qui ont croisé son itinéraire de vie.

Mais la tentative de l’art et celle de l’amour semblent mener à un échec, celui de l’idéal. Le spleen, annoncé dans « l’avis au lecteur » prend le dessus.

3)Tableaux parisiens

Dans  le cadre urbain de la grande ville, le poète tente de se laisser happer par une communion avec les autres hommes. Mais c’est le sentiment moderne de solitude qui triomphe dans les métropoles.

4)Le vin 

S’offre une échappatoire : la tentation de se laisser aller à l’ivresse qui sera intégré aux paradis artificiels.

5)Fleurs du mal 

C’est dans cette section que se trouvaient en 1857 les poèmes qui ont pu choquer car ils faisaient référence à la débauche, au macabre ou encore au vampirisme. Tous ces thèmes témoignent du goût de Baudelaire pour la provocation.

6)Révolte

Ensuite, la révolte apparaît comme l’un des moyens offerts à l’homme de dépasser sa condition misérable. Baudelaire y invective dieu, c’est pourquoi le motif du blasphème a été retenu au procès.

7)La mort

Cette dernière section indique que le « vin », les « fleurs du mal » et la « révolte » étaient de fausses possibilités offertes à l’homme. Finalement, la seule issue qui s’offre à nous est celle de la mort. Elle est évoquée de manière plutôt positive car elle permet de nous délivrer de l’ennui.

Nous espérons que cette fiche “Baudelaire les fleurs du mal” a été utile à ton travail. Tu peux consulter certains cours complémentaires en cliquant sur les liens ci-dessous:

Le spleen dans Les Fleurs du mal

Commentaire de “Spleen” (Quand le ciel bas et lourd”)

Commentaire de “L’albatros”

Commentaire de “Correspondances”

Biographie de Charles Baudelaire

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