Commentaire de texte seconde exemple

(Méthode+analyse) Mise à jour février 2026

Commentaire de texte seconde exemple. (méthode+analyse) Le commentaire nécessite de bien maîtriser la méthode. Lorsque tu as réussi à trouver des arguments pertinents, que tu les as classés dans un plan détaillé pour répondre à une problématique, tu dois procéder à la rédaction. Pour cette étape finale qui se fait directement sur la copie, il y a également des règles à respecter. D’ailleurs, n’hésite pas à aller voir à la fin de notre fiche où tu peux voir un exemple de commentaire rédigé.

Sommaire:

  1. Le texte source du commentaire corrigé
  2. Le commentaire de texte pas à pas(niveau seconde)
  3. Problématique et plan détaillé du commentaire de seconde
  4. Paragraphe de commentaire rédigé pour le niveau
  5. Commentaire rédigé de niveau première

Mais avant, si tu veux te replonger dans la fiche méthode pas à pas, clique ci-dessous:

On voit un exemple de commentaire de texte de seconde: la méthode et l'analyse.

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1. Texte source (extrait du Tartuffe de Molière)

📚 Contextualisation de l’extrait (Acte I, scène 4) Tartuffe

Dans cette comédie du XVIIᵉ siècle, Molière dénonce l’hypocrisie religieuse à travers le personnage de Tartuffe, un faux dévot qui s’est introduit dans la famille d’Orgon. Ce dernier, aveuglé par une admiration excessive, accorde à Tartuffe une confiance totale et lui confie même ses biens et l’éducation morale de sa maison, au grand désespoir de ses proches.

Au début de la pièce, les membres de la famille expriment leur inquiétude face à l’influence grandissante de Tartuffe sur Orgon. Après les critiques formulées par Dorine et Madame Pernelle, la scène 4 met en présence Orgon et Cléante, son beau-frère, qui tente d’ouvrir les yeux du maître de maison. Cléante incarne la raison et la vraie piété, tandis qu’Orgon défend aveuglément Tartuffe sans écouter les avertissements.

Cette scène est donc essentielle car elle installe l’opposition entre la lucidité et l’aveuglement, tout en révélant le pouvoir déjà exercé par Tartuffe sur Orgon, avant même son entrée en scène. Elle prépare ainsi les conflits à venir et souligne la critique de l’excès religieux et de la crédulité humaine.

Passage donné à l’étude

Ce passage est à l’origine de la fiche « commentaire de texte seconde exemple ».

Acte I, scène 4. – Orgon, Cléante, Dorine.

ORGON.
Ah ! mon frère, bonjour

CLÉANTE.
Je sortois, et j’ai joie à vous voir de retour.
La campagne à présent n’est pas beaucoup fleurie.

ORGON.
Dorine…. Mon beau-frère, attendez, je vous prie :
Vous voulez bien souffrir, pour m’ôter de souci,
Que je m’informe un peu des nouvelles d’ici.
Tout s’est-il, ces deux jours, passé de bonne sorte ?
Qu’est-ce qu’on fait céans ? comme est-ce qu’on s’y porte ?

DORINE.
Madame eut avant-hier la fièvre jusqu’au soir,
Avec un mal de tête étrange à concevoir.

ORGON.
Et Tartuffe ?

DORINE.
Tartuffe ? Il se porte à merveille,
Gros et gras, le teint frais, et la bouche vermeille.

ORGON.
Le pauvre homme !

DORINE.
Le soir, elle eut un grand dégoût,
Et ne put au souper toucher à rien du tout,
Tant sa douleur de tête étoit encore cruelle !

ORGON.
Et Tartuffe ?

DORINE.
Il soupa, lui tout seul, devant elle,
Et fort dévotement il mangea deux perdrix,
Avec une moitié de gigot en hachis.

ORGON.
Le pauvre homme !

DORINE.
La nuit se passa toute entière
Sans qu’elle pût fermer un moment la paupière ;
Des chaleurs l’empêchoient de pouvoir sommeiller,
Et jusqu’au jour près d’elle il nous fallut veiller.

ORGON.
Et Tartuffe ?

DORINE.
Pressé d’un sommeil agréable,
Il passa dans sa chambre au sortir de la table,
Et dans son lit bien chaud il se mit tout soudain,
Où sans trouble il dormit jusques au lendemain.

ORGON.
Le pauvre homme !

DORINE.
A la fin, par nos raisons gagnée,
Elle se résolut à souffrir la saignée,
Et le soulagement suivit tout aussitôt.

ORGON.
Et Tartuffe ?

DORINE.
Il reprit courage comme il faut,
Et contre tous les maux fortifiant son âme,
Pour réparer le sang qu’avoit perdu Madame,
But à son déjeuner quatre grands coups de vin.

ORGON.
Le pauvre homme !

DORINE.
Tous deux se portent bien enfin ;
Et je vais à Madame annoncer par avance
La part que vous prenez à sa convalescence.

Molière, Tartuffe, acte I ; scène 4. (intégralité)

2.🧩 Étape intermédiaire : analyser l’extrait pas à pas (niveau Seconde)

Avant d’écrire un commentaire, il faut comprendre comment fonctionne le texte.
On avance toujours en plusieurs petites étapes.


✅ Étape 1 – Comprendre la situation

Pose-toi d’abord ces questions simples :

• Qui parle ? → Orgon et Cléante
• De qui parlent-ils ? → de Tartuffe
• Sur quoi ne sont-ils pas d’accord ? → la confiance qu’Orgon lui accorde

👉 Cléante critique l’aveuglement d’Orgon, tandis qu’Orgon défend Tartuffe avec admiration.

🎯 Idée essentielle : Orgon est fasciné par Tartuffe, Cléante tente de le raisonner.


✅ Étape 2 – Repérer le thème principal

Demande-toi : de quoi parle vraiment la scène ?

Ici, on voit :
✔ l’aveuglement d’Orgon
✔ la fausse dévotion de Tartuffe
✔ l’opposition entre raison et excès religieux

👉 Thème principal : la critique de la crédulité et de l’hypocrisie.


✅ Étape 3 – Observer l’attitude des personnages

Orgon :

  • parle avec admiration
  • refuse d’écouter les critiques
  • exagère les qualités de Tartuffe

👉 Il est aveuglé.

Cléante :

  • raisonne calmement
  • met en garde
  • défend une vraie piété raisonnable

👉 Il représente la voix de la raison.


✅ Étape 4 – Repérer ce qui crée le comique

On peut déjà noter :

🎭 Le comique de caractère
→ Orgon est excessif, obsédé par Tartuffe

🎭 Le comique d’opposition
→ raison (Cléante) contre aveuglement (Orgon)

🎭 Le comique critique
→ Molière se moque des faux dévots


✅ Étape 5 – Formuler une idée simple d’analyse

À ce stade, tu peux déjà résumer l’enjeu :

👉 Dans cette scène, Molière montre qu’Orgon est aveuglé par Tartuffe, tandis que Cléante tente de lui faire entendre raison, ce qui permet de dénoncer l’hypocrisie religieuse.

(C’est cette idée qui servira de base au commentaire.)


✏️ Mini-bilan méthode (à retenir )

Pour analyser un extrait :

1️⃣ Comprendre la situation
2️⃣ Trouver le thème principal
3️⃣ Observer les personnages
4️⃣ Repérer le comique ou les procédés
5️⃣ Résumer l’idée du passage

3. Commentaire de texte seconde corrigé: la problématique et le plan

🎯 Problématique simple et efficace

Comment Molière montre-t-il l’aveuglement d’Orgon pour dénoncer l’hypocrisie religieuse dans cette scène ?


📚 Plan de commentaire (niveau Seconde)

I. Un Orgon totalement fasciné par Tartuffe

→ admiration excessive
→ refus d’écouter les critiques
→ portrait d’un personnage aveuglé

II. Cléante, la voix de la raison face à l’excès

→ discours calme et réfléchi
→ mise en garde contre les faux dévots
→ opposition entre raison et fanatisme

III. Une scène comique au service de la critique

→ comique d’opposition
→ comique de caractère
→ dénonciation de l’hypocrisie religieuse


✍️ 4. Paragraphe d’analyse rédigé (modèle élève)

Dans cette scène, Molière montre qu’Orgon est complètement aveuglé par Tartuffe. En effet, il parle de lui avec une admiration excessive et refuse d’entendre les critiques de Cléante. Pour Orgon, Tartuffe est un homme parfait, ce qui le rend incapable de réfléchir par lui-même. Cette attitude exagérée crée un effet comique, car le spectateur comprend que cette confiance est injustifiée. À l’inverse, Cléante tente de raisonner Orgon calmement en lui rappelant qu’une vraie piété doit être modérée et sincère. L’opposition entre les deux personnages met en valeur l’aveuglement d’Orgon et permet à Molière de dénoncer l’hypocrisie religieuse. Ainsi, à travers le rire, l’auteur critique ceux qui se laissent tromper par de faux dévots.

✅ Ce que cet exemple doit vous apprendre:

✔ partir d’une idée simple
✔ citer sans paraphraser
✔ expliquer l’effet produit
✔ relier au message de l’auteur

Voici un commentaire rédigé simple et clair (niveau Seconde) à partir de l’Acte I, scène 4 de Tartuffe de Molière.
Il est volontairement accessible, avec des idées nettes et un raisonnement facile à suivre — exactement ce qu’on attend à ce niveau.


✍️ Commentaire de texte – Niveau Seconde

Introduction

Dans la comédie Tartuffe, Molière critique l’hypocrisie religieuse à travers le personnage de Tartuffe, un faux dévot qui trompe Orgon. Dans l’Acte I, scène 4, Orgon discute avec Cléante, son beau-frère, à propos de Tartuffe. Cléante tente de lui faire comprendre qu’il se laisse aveugler, mais Orgon refuse d’écouter. On peut se demander comment Molière montre l’aveuglement d’Orgon tout en dénonçant l’hypocrisie religieuse.

Nous verrons d’abord qu’Orgon est totalement fasciné par Tartuffe, puis que Cléante représente la voix de la raison face à cet excès.


I. Orgon, un personnage aveuglé par son admiration pour Tartuffe

Dans cette scène, Orgon parle de Tartuffe avec une admiration excessive. Il le présente comme un homme parfait, sans défaut, ce qui montre qu’il n’a aucun recul. Il refuse d’écouter les remarques de Cléante, même lorsque celui-ci tente de le prévenir. Orgon semble incapable de réfléchir par lui-même et répète toujours les mêmes éloges sur Tartuffe.

Cette attitude est exagérée, ce qui crée un effet comique. Le spectateur comprend qu’Orgon se trompe, car Tartuffe n’est pas aussi vertueux qu’il le croit. Molière se moque ainsi de ceux qui accordent une confiance aveugle à des personnes qui se prétendent pieuses.


II. Cléante, la voix de la raison face à l’aveuglement d’Orgon

À l’inverse d’Orgon, Cléante se montre calme et raisonnable. Il essaie de lui faire comprendre qu’une vraie piété doit être sincère et modérée. Il met en garde contre les faux dévots qui utilisent la religion pour tromper les autres.

Cléante représente donc la sagesse et la réflexion. Son discours s’oppose fortement à celui d’Orgon, ce qui renforce le comique de la scène. Grâce à cette opposition, Molière fait passer un message clair : il ne faut pas se laisser aveugler par les apparences religieuses.


Conclusion

Dans l’Acte I, scène 4 de Tartuffe, Molière montre qu’Orgon est totalement aveuglé par son admiration pour Tartuffe, tandis que Cléante incarne la raison et la lucidité. L’opposition entre ces deux personnages crée un comique efficace qui permet de dénoncer l’hypocrisie religieuse. À travers cette scène, Molière invite le spectateur à réfléchir et à ne pas accorder une confiance aveugle à ceux qui se prétendent vertueux.

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✅ Qu’est-ce qui fait que ce commentaire témoigne d’un niveau seconde?

✔ idées simples
✔ phrases courtes
✔ raisonnement clair
✔ pas de jargon compliqué
✔ lien constant entre comique et critique

✏️5.Commentaire de texte, exemple entièrement rédigé (niveau première)

Ci-dessous un exemple de commentaire composé rédigé de niveau plus expert. Il est intéressant de le lire, même en seconde, pour mieux comprendre l’exercice et ses contraintes. Tu vois ainsi vers quoi il faut tendre.

Le Tartuffe de Molière est une comédie classique en cinq actes et en alexandrins, autorisée en 1669 après avoir été censurée en raison de la dénonciation de la fausse dévotion que met en œuvre le dramaturge. En effet, le personnage éponyme de cette comédie prend place dans la famille d’Orgon en se faisant passer pour un saint homme. Alors que l’ensemble de la famille comprend rapidement la supercherie jouée par Tartuffe, Orgon s’entête à défendre son hôte. Nous avons affaire ici à la scène 4 du premier acte, dans laquelle apparaissent Orgon, son beau-frère Cléante, et sa servante Dorine. Le spectateur n’a pas encore vu Tartuffe mais l’acte d’exposition a notamment pour but de nous le présenter par l’intermédiaire des autres personnages. Dans cette scène, Orgon s’inquiète de l’état de santé de Tartuffe qui pourtant « se porte à merveille » (v.11) alors qu’il ne soucie pas de sa femme souffrante. Nous tâcherons d’analyser les effets de ce décalage et les informations qu’il nous livre en étudiant tout d’abord le portrait de Tartuffe proposé ici, puis en analysant les procédés comiques et enfin l’échec de la communication.

La scène étudiée fait partie de l’acte d’exposition. Par conséquent son rôle est notamment de nous renseigner sur les personnages et sur l’intrigue. Ainsi, par l’intermédiaire de Dorine et Orgon dans ce passage, nous obtenons des informations sur le personnage de Tartuffe qui n’apparaîtra qu’au troisième acte. Dorine nous permet tout d’abord de connaître quelques caractéristiques physiques du faux dévot. En effet, Tartuffe est décrit : « Gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille » (v. 12). L’insistance en début de vers avec les termes aux sonorités proches « gros » et « gras », marque particulièrement le spectateur qui, dès lors, peut imaginer le personnage. De plus, les traits physiques mentionnés dans ce vers sont caractéristiques de la figure du parasite récurrente dans le théâtre comique.

Un personnage pauvre mais astucieux gagne la confiance d’une famille et réussit de cette façon à se nourrir et à se loger. C’est bien le cas ici puisqu’Orgon est totalement subjugué par le faux dévot, comme nous le voyons par l’intérêt qu’il lui porte en demandant sans cesse de ses nouvelles par l’interrogation « Et Tartuffe ? ». Cette obsession pour Tartuffe est telle qu’Orgon en vient même à le plaindre alors que celui-ci ne pourrait aller mieux, en répétant à quatre reprises « Le pauvre homme ! ». Nous avons bien l’impression que Tartuffe s’interpose dans la relation conjugale entre Orgon et Elmire.

En outre, cette scène nous permet de comprendre à quel point le parasite s’est installé confortablement dans la maison en prenant la place d’Orgon en son absence. Les répliques de Dorine insistent sur le train de vie agréable que mène Tartuffe, puisque nous pouvons y relever le champ lexical du bien-être : « à merveille », « agréable », « sans trouble ». Le portrait de Tartuffe qui nous est proposé insiste également sur la nourriture avalée par le faux dévot en quantités importantes : « deux perdrix », « une moitié de gigot en hachis », « quatre grands coups de vin ». Nous notons une volonté de Dorine de souligner l’excès par l’utilisation de termes tels que l’adjectif « grand » et l’oxymore « fort dévotement il mangea deux perdrix ». Alors qu’un dévot est censé vivre dans l’austérité, la simplicité et la rigueur, celui qui nous est décrit se trouve dans l’excès. Ainsi le décalage de cet oxymore est ironique et renforce le comique de l’extrait. Cette scène remplit son rôle en brossant le portrait d’un personnage absent de la scène mais essentiel pour l’intrigue. Cependant, les traits mis en avant tendent à dessiner celui d’un parasite par son physique, sa place dans la maison et le bien-être qu’il s’offre.

Evoquons à présent les procédés comiques de cette scène. Le portrait péjoratif de Tartuffe brossé par Dorine d’une part, et l’obsession voire l’adoration d’Orgon d’autre part, produisent un décalage qui est source de comique. Intéressons-nous tout d’abord aux répliques d’Orgon. Alors que le spectateur suppose que le maître de maison souhaite obtenir des nouvelles de sa famille et particulièrement de sa femme, comme le laisse entendre le vers 8 : « Qu’est-ce qu’on fait céans ? comme est-ce qu’on s’y porte ? », nous nous apercevons qu’Orgon ne s’intéresse qu’à Tartuffe, dès la première question v. 11 « et Tartuffe ? ». Ce décalage relève du comique de situation puisqu’Orgon ne fait pas ce qu’il devrait faire : au lieu de s’inquiéter pour sa femme, il porte son attention sur son hôte. Cette scène repose également sur les effets d’un comique de caractère. En effet, l’entêtement d’Orgon durant toute cette scène permet de définir ce personnage par sa monomanie, son obsession pour Tartuffe. Bien évidemment le comique de répétition joue un rôle majeur dans cet extrait, car Molière fait répéter à son personnage les mêmes répliques à l’identique, en accentuant le caractère ridicule de son obsession, alors que le spectateur s’attend à une évolution du dialogue.

Alors le personnage d’Orgon est utilisé par le dramaturge pour mettre en œuvre des procédés comiques assez évidents, celui de Dorine lui permet de développer un comique plus subtil. Les procédés comiques à l’œuvre dans les répliques de la servante relèvent davantage de l’ironie et font appel à une certaine complicité avec le public. Dorine se contente d’abord de se moquer de Tartuffe en soulignant sa bonne santé « Gros et gras » (v.12), son appétit démesuré « une moitié de gigot » (v.18), son manque de compassion « lui tout seul » (v.16). Cette raillerie repose sur l’antithèse qui parcourt le texte entre l’attitude de Tartuffe et celle d’Elmire, en ce qui concerne leur état de santé, leur appétit, leur sommeil. Nous pouvons citer en exemple les vers 21-22 « Des chaleurs l’empêchaient de pouvoir sommeiller/ et jusqu’au jour près d’elle il nous fallut veiller », auxquels font écho les vers 25-26 « Et dans son lit bien chaud il se mit tout soudain/où sans trouble il dormit jusques au lendemain. ». Dorine se fait de plus en plus ironique avec des expressions telles que « Il reprit courage comme il faut ». Le comique d’une telle réplique provient du fait qu’il y a un décalage entre ce que pense la servante et ce qu’elle dit. Le public est capable de percevoir cette distorsion alors qu’Orgon reste dans l’ignorance, c’est donc une forme de complicité entre Dorine et le public, voire une supériorité du spectateur sur Orgon qui rend ce passage comique. Ainsi Molière utilise tous les procédés pour souligner cette ironie. Relevons par exemple la formule : « Pour réparer le sang qu’avait perdu Madame/ But à son déjeuner quatre grands coups de vin ». Ici l’ironie repose sur un rapport logique erroné, avec l’expression du but « pour » alors que c’est impossible. Enfin la scène s’achève sur une réplique fortement ironique « Et je vais à Madame annoncer par avance/ la part que vous prenez à sa convalescence » dans laquelle Dorine exprime tout l’inverse de la scène qui vient de se produire. Ainsi nous avons pu remarquer que le registre comique de ce passage repose sur les procédés variés qu’a su exploiter Molière.

Le comique de cette scène se trouve également renforcé par l’échec de la communication entre les personnages. Alors que le théâtre est avant tout un lieu de paroles, nous nous apercevons qu’il fonctionne sur des conflits dans la conversation. Dans certaines scènes, le conflit réside dans l’intrigue, par exemple dans Le Tartuffe, Orgon veut marier sa fille et celle-ci s’y oppose. Dans le passage étudié, le conflit n’est pas dans le contenu mais dans l’impossibilité de communiquer en raison de l’entêtement d’Orgon. En effet, dès le début de la scène, Cléante est rapidement congédié par son beau-frère. Ce personnage ne sert qu’à montrer l’empressement du maître de maison à obtenir des nouvelles de son hôte. A peine arrivé, Orgon met de côté son beau-frère : au lieu de s’adresser à lui il se tourne vers Dorine : « Dorine… Mon beau-frère, attendez je vous prie. » (v.4). Nous remarquons que dans ce vers, il y a deux destinataires successifs, preuve de la complexité de la communication. Une fois le dialogue entre Cléante et Orgon réduit à néant, Molière empêche de nouveau la communication de s’installer, avec les répétitions incessantes d’Orgon. En effet, le dialogue piétine, n’avance pas, Orgon ne semble rien apprendre entre le début et la fin de la scène puisqu’il demeure sourd à toutes les interventions de Dorine.

Si l’on observe la structure de la scène, nous remarquons l’alternance des répliques. Les propos d’Orgon alternent entre « Et Tartuffe ? » et « le pauvre homme ! », tandis que ceux de Dorine sont alternativement consacrés à Elmire et à Tartuffe. Ce parallélisme de structure renforce l’impression de piétinement. Orgon ne participe pas à la progression de la conversation, notamment avec « Le pauvre homme ! », il a tendance à mettre fin au dialogue sans cesse relancé par Dorine. De plus, Orgon ne formule pas des alexandrins entiers, ce qui montre bien l’insuffisance de ces propos. Enfin l’ironie de la servante que nous avons précédemment étudiée souligne l’échec de la communication. En effet, le maître de maison est incapable de discerner la raillerie et l’ironie dans les répliques de Dorine. Alors que c’est Orgon qui pose les questions, c’est tout de même Dorine qui domine la conversation comme le montre le temps de parole qu’elle occupe et son pouvoir à mettre fin au dialogue : « Je vais à Madame… » Ainsi nous retrouvons un schéma classique de la comédie avec la supériorité de la servante sur le maître, une inversion des rôles qui provoque le rire.

Pour conclure, l’étude de la scène 4 du premier acte du Tartuffe de Molière nous amène à comprendre d’une part la structure de la comédie et d’autre part le fonctionnement du registre comique. En effet, cette scène a un rôle essentiel dans l’œuvre car en cet acte d’exposition elle nous informe sur l’obsession d’Orgon, sur l’attitude de Tartuffe, présenté comme un parasite, et sur la clairvoyance de la servante qui s’attire ici la confiance et la complicité du public. En outre, nous avons pu étudier le fonctionnement du dialogue au théâtre qui ici est voué à l’échec mais permet la mise-en-œuvre de procédés comiques nombreux, variés, plus ou moins raffinés. Cette scène est l’une des plus comiques de la pièce puisque, ne l’oublions pas, Le Tartuffe de Molière reste une comédie parfois grave : la fausse dévotion et l’hypocrisie amènent également la perte d’une famille et une véritable dénonciation des faux-semblants.

👉 Apprendre pas à pas la méthode du commentaire (guide pratique)

Nous espérons que ce cours « Commentaire de texte seconde exemple » t’aideras dans ton travail. Si tu as des remarques ou des questions sur ce cours « Commentaire de texte seconde exemple« , poste-les en commentaires.

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Le plan détaillé du commentaire de texte

Introduction du commentaire

Conclusion du commentaire de texte

-Le commentaire littéraire

2 réflexions sur « Commentaire de texte seconde exemple »

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